Harpes Camac, entretien avec un entrepreneur/artiste : Jakez François

Harpes Camac, entretien avec un entrepreneur/artiste : Jakez François

Jakez François : musicien/gérant des Harpes Camac

Enfant, que rêviez-vous de faire comme métier ?

Et bien j’en ai aucune idée, j’ai du occulter cette partie là parce que je ne m’en souviens pas, en tout cas certainement pas celui que je fais aujourd’hui. Rapidement dans la musique, c’est sûr. C’est sur le tard que cette rencontre s’est faite avec le fondateur de l’entreprise Harpe  Camac.

Comment en êtes-vous arrivé à exercer le métier de facteur de harpe ?

Etant harpiste, ayant fait des études de harpes, je connaissais cette entreprise, ce n’est pas moi qui l’aie montée. Elle a été fondée par Joël Garnier y’a 40 ans puisque cette année on fête les 40 ans de l’entreprise. Par ma pratique de la harpe, je ne pouvais pas ne pas le connaître, on se rencontrait régulièrement et puis quand j’ai eu fini mes études, il m’a approché pour me demander si ça m’intéressait de me joindre à lui pour participer au développement de l’entreprise. Alors ce n’était pas du tout dans mes fantasmes ou dans mes intentions de me tourner vers la fabrication mais ça m’a bien intéressé et je me suis dit : on va essayer. J’ai donc démarré tranquillement en 1988. J’ai joins l’équipe pour l’aider à faire un peu de développement des instruments, ça lui permettait d’avoir des mains de harpistes en permanence dans l’entreprise et puis moi j’ai appris un peu la technique puis après beaucoup au point d’intégrer l’entreprise au bout de quelques mois. On s’est bien entendu, on s’est trouvé des affinités réciproques au point que je suis devenu son associé après quelques années avec le projet de prendre la suite lorsqu’il partirait en retraite. Son départ en retraite à coïncidé avec une longue maladie dont il ne s’est pas remis, j’ai donc prit officiellement la suite en 2000 quand il est décédé.

Pourquoi vouliez-vous être entrepreneur ?

Ce n’était pas du tout une volonté, ça s’est fait sur le tas, par concours de circonstance. J’ai découvert ce métier en travaillant avec Joël Garnier et puis ça m’a énormément plu. Cela m’a tellement plus que j’ai réalisé que je prenais plus de plaisir à être facteur de harpe qu’à être interprète. Il y a des gens bien plus doué que moi pour jouer de la musique sur scène, mon talent était plutôt dans la conception et la gestion de cette entreprise. Je m’y épanoui beaucoup plus que si j’avais du continuer à vivre de la musique en tant qu’interprète. Cela me permet de concilier les deux et de m’exprimer avec des sujets beaucoup plus concrets.

Si vous aviez quelque chose à refaire ?

J’aurais fait des études de commerce pour être un petit peu moins largué face aux banquiers, un petit peu de connaissances financières, ça m’aurait fait gagner du temps parce que j’ai du tout apprendre sur le tas alors ça permet aussi de démystifier un peu les choses. Ce dont on a le plus besoin c’est du bon sens. J’ai été gratifié de cela, j’en ai un certaine dose qui me permet du coup de comprendre comment vont les choses mais c’est vrai qu’arrivé dans le détail, il n’y a rien qui remplace la connaissance et l’expérience, j’ai mis un peu de temps à l’acquérir. Après 25 ans dans cette entreprise, je me suis débrouillé sans et finalement…ça m’aurait fait gagner du temps à une époque…et puis on fait avec.

Que diriez-vous à quelqu’un qui souhaite s’installer pour le motiver ?

C’est la passion, c’est le seul moteur qui fait qu’on va pas compter son temps, qu’on va vraiment se donner à fond parce qu’il n’y a pas d’autres secrets. La locomotive c’est l’entrepreneur qui travaille pour lui encore plus que les autres et si y’a pas la passion pour motiver derrière ce sera beaucoup plus difficile de se motiver chaque jours à aller résoudre des problèmes qu’on aurait pas si on avait pas ce métier par exemple ou gérer toute la chaîne qui va de la conception au service-après vente. A chaque niveau y’a des petits grains de sable qui se mettent dans les rouages, aucun engrenage ne fonctionnent parfaitement. Cela peut être la passion du produit ou du service ou aussi la passion de monter une boîte qui tourne mais il faut qu’il y ait une passion quelque part.

Un mot de conclusion ?

Il faut se rendre compte de l’importance de la culture en général et de l’art en particulier, la musique évidemment en ce qui me concerne. Mais bon je ne prêche pas que pour ma chapelle mais pour toutes les chapelles. Ce qui fera la différence à la fin entre les civilisations, ce sera la culture. Je pense pas qu’il y en a qui se valent plus que d’autres mais en tout cas chez nous on a la chance d’avoir une histoire, d’avoir des traditions, d’avoir une culture qui nous est propre. Il ne faut pas la perdre. La musique en fait partie, la harpe en fait partie.

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