La place des Terrasses de Châteaubriant

La place des Terrasses de Châteaubriant

Les Terrasses, vestiges d’un espace fortifié

Avant 1789, la place des Terrasses n’existe pas. Un plan de l’ingénieur Thuillier de 1781 et des textes nous renseignent sur cet étrange espace compris entre la ville close et le faubourg Saint-Michel. Cet espace est délimité par une douve interne, encore visible de nos jours, et une douve externe. Le chemin vers Saint-Michel est compris entre cette douve externe, « véritable précipice » et le ravin qui plonge vers la vallée du Rollard. Les Terrasses consistent donc en un vaste espace pierreux et des douves qui servent de jardins aux officiers du prince de Condé.

Le chemin vers Saint-Michel conduit aussi vers Angers. Ce chemin très dangereux cause de multiples chutes. La communauté de ville réclame depuis longtemps, mais en vain, le comblement de la douve externe. Voilà pourquoi des ouvriers des premiers ateliers de charité se portent sur cette douve afin de la combler, en février et mars 1791. Louis Margat, le maire, fait le point le 31 mars :

les ouvriers, à force d’avancer leurs travaux, ont découvert un mur et plusieurs ouvrages de maçonnerie alors couverts de décombres ou terres rapportées. Ces murs ayant été démoli ont fourni une quantité prodigieuse de belles pierres

A tel point que la municipalité décide aussitôt de les utiliser pour construire un hôtel de ville !

Ainsi, les « Terrasses du château » seraient, en quelque sorte, des lices comprises entre la seconde enceinte du château et une troisième enceinte, démantelée sur ordre du roi au lendemain du siège  de 1488. On trouve d’ailleurs mention d’une seconde porte Saint-Michel qui donnait accès à cet espace. Ces Terrasses ont été réaménagées au temps des guerres de la Ligue, fin XVIè siècle, pour aider à la défense du château. En voici une description faite le 12 juillet 1817 par De La Haye Jousselin, ancien intendant de Condé avant 1789 et fondé de pouvoir de ce prince qui revendique en 1817 la propriété des ces Terrasses :

« Il existait très anciennement devant le château, vers l’est et s’étendant en longueur du nord au sud, un espace demi circulaire suivant la forme qui présente, de ce côté, le château lui-même. Cet espace, connu dans le pays sous le nom de Terrasses du château, était très élevé. Il se prolongeait sur différents point en forme d’antiques fortifications qui n’offraient plus qu’un terrain vague, assez bien aplani, à l’exception de quelques affaissements et éboulement […]. Ces terrasses et leurs douves  avaient leur extrémité sud vers la porte de ville dite de Saint-Michel […] ; elles se prolongeaient jusqu’à l’extrémité nord, dite le Bout du monde, d’où, sur un plateau fort élevé à l’issue d’un étranglement, l’un et l’autre évidemment faits à main d’homme en rappelant une antique redoute, on domine le ruisseau de Cher… »

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