Sophie Trébuchet : mère de Victor Hugo

Sophie Trébuchet : mère de Victor Hugo

1793, Sophie Trébuchet, de la famille des Trébuchet, maîtres des forges royales de Moisdon-la-Rivière et La Provostière, s’en vient passer des vacances au Petit-Auverné. Femme évoluée, elle a pris parti pour la Révolution Française et de comprend pas les manifestations réactionnaires de la Chouannerie.

Sophie Trébuchet

Mais on ne renie pas son enfance, ses amis paysans du Petit-Auverné sont plutôt du côté des Chouans. Les troupes « bleues » menées par Kléber et Marceau , les menacent directement. La jeune fille trouvera un subterfuge pour retarder ces armées et permettre à ses amis chouans de se cacher.

C’est à cette occasion que Sophie Trébuchet, qui réside à Châteaubriant chez sa tante Robin, fera la connaissance d’un certain Léopold Sigisbert Hugo. de leur union naîtra le grand poète Victor Hugo.

Victor Hugo est-il bien le fils d’un général de Napoléon, Léopold Sigisbert Hugo ? ou le fruit de la liaison de sa mère, Sophie Trébuchet, avec Victor Fanneau de la Hoirie, qui deviendra le parrain du jeune Victor « Hugo » ?

Geneviève Dormann, dans son passionnant livre « le roman de Sophie Trébuchet » répond : “ Victor Hugo, nourrisson maigrichon, ne ressemblait pas à ses deux frères aînés, gros bébés joufflus, répliques du général Hugo. Victor s’appela Victor, à cause de son parrain, choisi par Sophie, et il fut son enfant préféré. cela me suffit. je ne réclame pas que l’on change en La Horie le nom de Hugo qui figure sur tous les boulevards de France ”

Geneviève Dormann, qui s’est fait aider dans ses recherches par le Curé du Petit Auverné et par Mme Noëlle Ménard, bibliothécaire à Châteaubriant, a fait revivre cette Sophie Trébuchet longtemps restée dans l’ombre parce qu’elle « n’a pas eu une vie compatible avec ce qu’exigeait la morale traditionnelle du XIXe siècle et la moitié du nôtre. Sophie, en effet, a eu un amant qu’elle aimait passionnément. C’est pourquoi, pendant longtemps, pour ne pas ternir l’image d’Epinal du héros national qu’était devenu Victor Hugo, on a escamoté la vie de cette femme jugée trop peu convenable pour la mère d’un tel monument »

Une jeunesse castelbriantaise

Sophie Trébuchet est née en 1772, rue des Carmélites à Nantes. Sa mère, Renée Louise Le Normand du Buisson est la fille d’un Procureur du Tribunal de Nantes. Son père, Jean François Trébuchet, fils d’une bonne famille, mais pauvre, est capitaine de navires qui ne lui appartiennent pas. Ce n’est pas une riche famille.

A 8 ans, Sophie perd sa mère. A 11 ans son père meurt aussi, disparu dans l’Océan Indien. Sophie est alors confiée à sa tante, Françoise Trébuchet, veuve du notaire ROBIN de St Julien de Vouvantes, qui lui a laissé une petite maison à Châteaubriant, près de la “ Maison de l’Ange ”. Là Sophie passe des jours heureux auprès de sa tante Robin et de sa servante, Julie Péan qui sait si bien guérir les maladies avec des plantes sauvages et raconter d’effrayantes histoires, comme celles de la Bête de Béré, celle du Serpent de la Forêt Pavée, ou celle de Françoise de Foix que son mari assassina une nuit, au Château de Châteaubriant, quand elle eut cessé d’être la maîtresse favorite de François Premier

« Mais plus encore qu’à Châteaubriant, c’est à la Renaudière, que Sophie est heureuse. A trois lieues de la Rue du Couëré, au Petit Auverné, la Renaudière est une jolie maison de schiste à toit d’ardoise qui appartient aux Trébuchet » ces Trébuchet qui, comme tous les hommes de la famille, à l’exception de Jean-François, étaient d’une famille de maîtres fondeurs.

« Sophie, que son exubérance fait étouffer en ville, a une passion pour la campagne. Châteaubriant, pour elle, c’est la liberté » raconte Geneviève Dorman . « Vêtue comme les petites paysannes, en jupon de futaine et en sabots, elle vagabonde dans les forêts avoisinantes, avec des enfants de son âge » La famille Trébuchet est très connue dans la région et Sophie est partout chez elle, en sécurité.

Pour lire la suite de l’article, cliquez ici

Sélection de produits à Châteaubriant